Pendant des années, j’ai dialogué avec mon corps sans en comprendre la langue.
Je le contraignais, je le corrigeais, je le punissais.
Au moindre écart, il retenait.
Et pour lâcher quelques kilos, je devais me priver jusqu’à l’épuisement.
Je regardais les autres femmes vivre dans une apparente évidence :
manger sans peur, habiter leur silhouette avec fluidité.
Pendant ce temps, je me repliais.
Je souriais à l’extérieur, mais à l’intérieur, une voix insistante murmurait :
cache-toi.
Mes jambes étaient devenues le centre de toutes mes pensées.
Trop épaisses.
Pas assez galbées.
À dissimuler.
Dans la rue, mon regard cherchait inconsciemment celles des autres femmes.
Je comparais.
Comme on le fait quand une part de soi se sent exclue de la beauté, comme si la féminité avait des critères auxquels je n’avais pas accès.
C’était un cycle fermé.
Une souffrance silencieuse, persistante, presque invisible.
Je ne comprenais pas.
Pourquoi ce corps ?
Pourquoi cette matière ?
Pourquoi ce symbole de féminité semblait m’être refusé ?
Alors j’ai cherché. Partout.
J’ai appliqué des crèmes, suivi des régimes, transpiré dans le sport.
Végétarien. Cétogène. Sans gluten. Sans lactose.
Puis j’ai tourné mon regard vers l’intérieur.
J’ai exploré l’inconscient, les mémoires enfouies.
J’ai appris l’hypnose, rencontré les mondes chamaniques.
J’y ai trouvé des clés précieuses.
Je me suis libérée de pulsions alimentaires.
J’ai commencé à me parler avec douceur.
À demander pardon à mon corps.
À cesser de le violenter.
Mais quelque chose résistait encore.
C’est là que j’ai compris une vérité essentielle :
le mental ne peut pas tout porter.
Il fallait descendre plus bas.
Dans la matière.
Dans la physiologie.
Dans les mécanismes précis du corps vivant.
Comprendre les systèmes, les circulations,
les hormones, les déséquilibres invisibles
Et alors… la révélation.
J’ai un lipœdème.
Une maladie chronique.
Ce n’est pas un manque de volonté.
Ce n’est pas un échec.
Ce n’est pas de ma faute.
Ce jour-là, j’ai pleuré. Des larmes de deuil,
et des larmes de soulagement.
Enfin, le corps reprenait sa vérité.
Enfin, la culpabilité pouvait tomber…
À partir de là commence un autre chemin.
Non plus contre mon corps, mais avec lui.
L’ accompagner.
L’ écouter.
L’ aimer.
Car oui, ce corps est mon temple.
Il est le lieu de mon incarnation.
Et je choisis désormais de l’honorer.
Trame après trame, j’ai libéré d’anciens traumatismes.
J’ai permis aux fluides de circuler à nouveau.
Comme une rivière qui ne lutte pas contre la roche,
mais la contourne, nettoie, et poursuit sa course.
J’ai alors compris que le surpoids n’est jamais une simple question de chiffres.
C’est une histoire intime. Singulière. Sacrée.
Nous sommes toutes différentes.
Et nos corps parlent chacun une langue unique.
Aujourd’hui, j’accompagne les femmes sur les trois plans indissociables de l’être :
le physique
le mental
l’émotionnel
Pour une approche globale, consciente et profondément respectueuse.
Bien loin des injonctions, des régimes violents et des croyances limitantes.
Je suis Myriam.
Et ceci est mon chemin.
Je suis atteinte d’un lipœdème, une maladie encore méconnue, qui touche 1 femme sur 10.
Et si mon histoire résonne,
alors elle n’aura pas été vaine